i n c o m p r i s e.

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Ils ne me comprennent pas. Comment pourraient-ils, de toute façon? Même moi je ne sais pas ce que je veux, ce dont j’ai besoin.   

Pourquoi continuer dans ce cas, pourquoi rester si je suis incomprise? Je ne le serai jamais, même par des bipolaires.
En même temps, le seul que j’ai connu a disparu de ma vie pour les mêmes raisons. Je ne le comprenais pas.

Alors de quel droit pourrai-je exiger que l’on me comprenne, si moi-même j’en suis incapable?
Mais j’en souffre. Je me sens seule, rejetée, méprisée.
Sans aucune raison apparente, c’est comme ça.
J’ai envie de tout abandonner, encore, repartir à zéro mais cette fois de ne plus compter sur personne.
Ne plus nouer de liens car c’est trop douloureux lorsque j’en arrive où j’en suis aujourd’hui.
A vouloir à la fois que l’on me chérisse et que l’on prenne soin de moi, et en même temps que l’on me laisse tranquille dans mon coin.

Mourir est encore une fois une échappatoire alléchante, mais la culpabilité est trop grande.
Je ne le ferai jamais, je ne passerai jamais à l’acte car je suis trop faible. Le soulagement que cela me procurerait, que cela procurerait à tout le monde selon moi, n’est rien face à la culpabilité que je ressens à cette idée.

Culpabilité que l’on m’a inculquée, sans aucun doute. Ces « sans toi je ne serai rien » et belles paroles que l’on prononce lorsque l’autre avoue enfin ses pensées. Oh, c’est sûrement vrai, pourquoi pas après tout?
Mais du coup, je n’ai l’impression de ne continuer à vivre que par devoir envers eux.
Vivre par devoir.
J’en suis épuisée.
Je ne voulais pas, je ne veux toujours pas.
Je n’ai aucune envie de continuer à vivre, quoi qu’il arrive.
Tout est tellement merdique.

On pourrait croire que c’est la dépression qui parle.
En fait, je pense toujours comme cela.
Simplement, la dépression m’aide à le dire, à l’écrire. Enfin, j’ai extrêmement rarement parlé de cela. Mais les rares fois où cela m’est arrivé, je me suis heurtée à l’incompréhension, comme d’habitude, comme pour le reste.
Avant même d’avoir prononcé ces mots qui allaient exprimer ce que je ressentais au fond de moi, on me culpabilisait.
Même les psys.

Tout tourne toujours autour de ceux que je laisserais derrière moi.
Jamais moi, ce que je pourrais en retirer, ce que je ressens, pourquoi j’en suis arrivée là.
Comme si on s’en foutait, au fond, ce qui compte c’est eux.
Je suis d’accord, ce qui compte c’est eux.
C’est pour eux aussi que j’aimerais le faire.
Pour qu’ils arrêtent tous de souffrir à cause de moi, ou d’être simplement emmerdés.
Pour qu’ils arrêtent de penser à moi.

Je voudrais tellement disparaître.
Ce n’est pas mourir en tant que tel qui m’intéresse, mais arrêter d’exister.
Je n’ai rien fait, dit ou vécu qui vaille la peine de poursuivre cette vie.
J’ai assez fait de mal autour de moi, il est temps que cela s’arrête.

Mais quand?
Quand cela va-t-il s’arrêter?
Quand aurai-je enfin le courage de le faire?
Plus le temps passe plus je me dis qu’il est trop tard, que j’aurai dû faire cela il y a longtemps.
La culpabilité de les laisser, la peur que cela leur fasse effectivement plus de mal que de bien, c’est la barrière.
Cette foutue barrière bancale que je ne sais pas franchir.

Je sais qu’ils seraient bien mieux sans moi, mais n’est-il pas trop tard? N’ai-je pas laissé trop de traces derrière moi pour espérer qu’elles s’effacent un jour?

Peut-être, un jour.

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i n c a p a b l e.

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De tout, il semblerait, mais c’est tellement douloureux de l’admettre, quand bien même ma réalité s’y confronte.

Incapable de dessiner, d’écrire, cela fait des mois que cela dure. A force, je m’y suis presque faite. Après tout, après m’être demandée si je ne préférais pas « comme c’était avant », après avoir hésité à revenir en arrière, puis à me forcer encore et encore jusqu’à y arriver, j’ai fini par baisser les bras.
C’est plus confortable ainsi, que de me confronter sans cesse à mes échecs.
Je sais, c’est une attitude de fuyarde, c’est ce que j’ai toujours fini par adopter, au final.

Fuir, mes responsabilités, mes échecs.
Enfin quelque chose qui n’a pas changé, même si cela, j’aurai bien aimé m’en défaire.

C’est si facile, d’abandonner. Ou du moins, de laisser en suspens dans l’espoir qu’un jour, cela revienne. L’inspiration, la capacité, l’envie.
C’est facile et confortable, de se mentir à soi-même, de se convaincre que c’est pour le mieux, que l’on se concentrera sur autre chose.

C’est bien, un temps.
Jusqu’à ce que cette autre chose finisse par présenter elle aussi des obstacles.
Et là, qu’est-ce que je fais? Qu’est-ce que je suis supposée faire, moi qui n’ai toute ma vie que reculé devant la difficulté, moi qui ai toujours abandonné face à l’échec?

Je suis à nouveau perdue, je ne sais plus quoi faire.

Continuer à être médiocre dans tout ce que je fais? Cela me semble être la chose la plus raisonnable à faire, étant donné que la médiocrité est la norme, selon moi.
Mais cela ne me convient pas, évidemment.

J’ai toujours aspiré à la perfection, bien que ne l’ayant jamais ne serait-ce qu’approchée, une seule fois dans ma vie.
C’est comme un but, l’essence de ma vie, que l’on m’a inculquée ou que je me suis moi-même imposé depuis aussi loin que je puisse m’en rappeler.
Echouer est pour moi plus qu’une simple épreuve, c’est un drame, un déni de tout ce que je suis ou ai pu faire.

Et j’y suis confrontée en permanence, comme tout le monde j’imagine.
Je le vis simplement bien plus mal que la plupart des gens.
Se comparer aux autres, se savoir moins bien, se voir comme n’étant qu’un ramassis d’échecs.

Alors écrire, en attendant que cela passe.
Que la solution se présente toute seule, ou d’avoir la force d’aller la chercher par moi-même.