i n c a p a b l e.

lost01

De tout, il semblerait, mais c’est tellement douloureux de l’admettre, quand bien même ma réalité s’y confronte.

Incapable de dessiner, d’écrire, cela fait des mois que cela dure. A force, je m’y suis presque faite. Après tout, après m’être demandée si je ne préférais pas « comme c’était avant », après avoir hésité à revenir en arrière, puis à me forcer encore et encore jusqu’à y arriver, j’ai fini par baisser les bras.
C’est plus confortable ainsi, que de me confronter sans cesse à mes échecs.
Je sais, c’est une attitude de fuyarde, c’est ce que j’ai toujours fini par adopter, au final.

Fuir, mes responsabilités, mes échecs.
Enfin quelque chose qui n’a pas changé, même si cela, j’aurai bien aimé m’en défaire.

C’est si facile, d’abandonner. Ou du moins, de laisser en suspens dans l’espoir qu’un jour, cela revienne. L’inspiration, la capacité, l’envie.
C’est facile et confortable, de se mentir à soi-même, de se convaincre que c’est pour le mieux, que l’on se concentrera sur autre chose.

C’est bien, un temps.
Jusqu’à ce que cette autre chose finisse par présenter elle aussi des obstacles.
Et là, qu’est-ce que je fais? Qu’est-ce que je suis supposée faire, moi qui n’ai toute ma vie que reculé devant la difficulté, moi qui ai toujours abandonné face à l’échec?

Je suis à nouveau perdue, je ne sais plus quoi faire.

Continuer à être médiocre dans tout ce que je fais? Cela me semble être la chose la plus raisonnable à faire, étant donné que la médiocrité est la norme, selon moi.
Mais cela ne me convient pas, évidemment.

J’ai toujours aspiré à la perfection, bien que ne l’ayant jamais ne serait-ce qu’approchée, une seule fois dans ma vie.
C’est comme un but, l’essence de ma vie, que l’on m’a inculquée ou que je me suis moi-même imposé depuis aussi loin que je puisse m’en rappeler.
Echouer est pour moi plus qu’une simple épreuve, c’est un drame, un déni de tout ce que je suis ou ai pu faire.

Et j’y suis confrontée en permanence, comme tout le monde j’imagine.
Je le vis simplement bien plus mal que la plupart des gens.
Se comparer aux autres, se savoir moins bien, se voir comme n’étant qu’un ramassis d’échecs.

Alors écrire, en attendant que cela passe.
Que la solution se présente toute seule, ou d’avoir la force d’aller la chercher par moi-même.

Publicités

f o l i e.

portrait01

Ces vrilles de noirceur, qui me torturaient nuit et jour toute ma vie durant, me manquent.
Je n’aspire en ce moment qu’à les retrouver, les laisser m’enveloper, me recouvrir, m’étouffer à nouveau.

Elles ont disparu, elles me manquent, je veux à nouveau pouvoir m’abandonner à elles, pleinement.

Aujourd’hui, je ne vois même plus au-delà du mur.

Il est devenu totalement opaque, comme si rien n’existait au-delà, comme si même ce mur n’existait pas.
Pourtant je sais qu’il est là, je m’en souviens. Je ne sais même plus exactement où il est, juste qu’il est là, et m’empêche de « déborder ».

Mais je veux, déborder, je ne veux que cela, je veux retrouver mes phases, mon désespoir, ma douleur, ma vie.
Ma vie. Ce que j’étais avant, et qui me faisait tant souffrir, je les veux à nouveau.

N’est-il pas possible de trouver un compromis, alors? N’existe-t-il pas une solution pour que je reste moi, sans sombrer dans le désespoir le plus total?

Qu’ai-je à y gagner, au final?
J’ai bien peur que ce ne soit rien de bon pour moi.
Pour eux, oui. Je suis plus stable qu’avant, bien sûr, je suis sans doute plus facile à vivre également.
Mais moi?
Je ne saurai dire si je souffre davantage maintenant, privée de ma folie, qu’avec elle.
Elle me manque, terriblement.

Je dois faire le choix de vivre sans elle, et être mieux pour eux, ou la rappeler à moi, et redevenir le monstre que j’étais.

Saurai-je la savourer, si elle me revient? Même de cela je ne suis pas certaine.
Changerai-je? Redeviendrai-je comme avant, réellement, ou serai-je à nouveau confrontée à un changement, un mélange de ce que je suis aujourd’hui, de celle que j’étais alors?

Je veux à nouveau pouvoir me laisser happer par ces vrilles de ténèbres  qui accompagnaient chacun de mes souffles.
Je veux les saisir à nouveau, les laisser me submerger et m’étouffer, car c’était là que j’existais.

Je ne souhaite pas davantage vivre ou m’aimer, même si aimer ma folie peut être assimilé à une forme d’amour-propre. Rien de tout cela en moi, juste un besoin primaire de me raccrocher à quelque chose de connu puisque je suis toujours en vie.

Aujourd’hui, plus rien ne m’est familier. J’ai l’impression d’être quelqu’un d’autre, de devenir quelqu’un d’autre.
Quelqu’un de fade, sans intérêt, encore moins que celle que j’étais avant, et ce n’est pas peu dire.
Je déteste cela, je veux retrouver ma folie.

J’aime ma folie.
Aussi étrange et stupide que cela puisse paraître, et bien que je n’aurai jamais pensé dire ça un jour, force est de constater que c’est la vérité.

Pas vraiment de l’amour, en réalité. Plutôt de l’habitude, de l’attirance. Malsaine, sans doute.
Mais c’est là, et je ne peux m’en défaire, c’est ainsi.
Avoir voulu y renoncer, et en être aujourd’hui presque privée me rappelle douloureusement ce confort perdu.

N’est-ce pas complètement délirant que de vouloir retrouver ce qui me détruisait peu à peu?
Mais c’était moi, c’était ce que j’étais, comment j’étais, comment je vivais.
A présent, je ne sais plus rien, toujours rien, je suis perdue en moi-même.
Je n’ai plus ma folie douce pour guider mes actions, mes pensées, ma main. Ma vie, quelle qu’elle puisse être.

Alors oui, aujourd’hui je n’aspire qu’à la retrouver, ne serait-ce qu’un peu, l’apercevoir, l’effleurer du bout des doigts, ma folie.